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Numéro Futuribles
Numéro 351, avril 2009
Les Français et la valeur travail
Industrie automobile : quel avenir ?
La crise, et au-delà...
Page(s) 69 - 74
Section Futurs d'antan
DOI http://dx.doi.org/10.1051/futur/200935169
Publié en ligne 25 Mars 2009

Futuribles, n° 351, avril 2009, pp. 69-74
DOI: 10.1051/futur/200935169

La science et l'industrie en l'an 2000 (1894)

Marcelin Berthelot


Publié en ligne le 25 mars 2009

Résumé
Au monde moderne qui émerge à la fin du XIXe siècle était associée une vision très optimiste du progrès que la science et la technique devaient apporter à l'humanité. Les découvertes de la chimie organique permettaient de faire la synthèse de produits nouveaux (colorants, médicaments, etc.), l'électricité distribuée dans les villes apportait l'éclairage et le début d'un certain confort (on parlera de « la fée électricité » lors de l'Exposition universelle de Paris en 1900), l'automobile faisait son apparition, et le télégraphe et le téléphone allaient permettre de communiquer à très longue distance. Dans les décennies qui précédent la Première Guerre mondiale, le développement de l'éducation et de l'université en France sera un grand objectif de la Troisième République, destiné à asseoir l'autorité républicaine mais aussi à rattraper le retard scientifique pris sur l'Allemagne. Cette capacité de la science et de la technique à assurer le bonheur de l'humanité était souvent au centre des banquets républicains qu'affectionnaient les personnalités de la République. Le chimiste Marcelin Berthelot, universitaire reconnu par ses travaux et personnage influent, qui cumulait les rôles de savant et d'homme politique - rôles dont Max Weber montra un peu plus tard qu'ils obéissent à des éthiques différentes - ne dérogeait pas à cette tradition. Dans ce discours consacré à l'an 2000, prononcé lors du banquet de la Chambre syndicale française des produits chimiques en 1894, Berthelot se livre à un bref exercice de prospective : il y fait part de sa foi dans un avenir que préparaient les découvertes de la science, et en particulier de la chimie, et « l'alliance de la science et de l'industrie » (un thème que l'on retrouvera, aux intonations près, plus d'un siècle plus tard ; une alliance qui était en grande partie réalisée en Allemagne à l'époque, on l'oublie souvent). Ce discours, comme on peut en juger, est un véritable programme pour l'avenir, teinté d'un grand optimisme.


Abstract - The Science and Industry of the Year 2000 (1894)
The modern world that emerged at the end of the 19th century had associated with it a highly optimistic vision of the progress that science and technology were to bring to humanity. The discoveries of organic chemistry made the synthesis of new products possible (dyes, medicines etc.), electricity supplies in towns and cities were bringing lighting and the beginnings of a certain comfort (at the time of the Paris Universal Exposition in 1900, electricity was seen as an animating sprite: “la fée électricité”), the automobile was making its appearance, and the telegraph and telephone were about to provide means of very long-distance communication. In the decades preceding the First World War, the development of education and universities in France would be a major aim of the Third Republic, with the aim of both consolidating Republican authority and remedying France's scientific backwardness by comparison with Germany. This capacity of science and technology to promote human happiness was often a central theme at the Republican banquets so beloved of the Republic's leading personalities. The chemist Marcelin Berthelot, an academic widely recognized for his scientific work and an influential figure who combined the roles of scientist and politician - roles which, a few short years later, Max Weber would show to be guided by contrasting ethical imperatives - was no exception to this tradition. In this address on the subject of the year 2000, which he delivered at the banquet of the French Employers' Federation for the Chemical Industries in 1894, Berthelot engaged in a brief foresight exercise. He speaks of his faith in a future that was being fashioned by the discoveries of science - and, in particular, of chemistry - and by “the alliance between science and industry” (this is a theme that will be heard once again, in virtually the same tones, more than a century later) - an alliance which was largely realized in Germany at the time, as is often forgotten. This speech, as can be seen here, is a genuine programme for the future, couched in highly optimistic terms.


Mots clés : Science -- Industrie -- Rétroprospective


© futuribles Sarl 2009

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