DOI: 10.1051/futur/20093535
Société sous surveillance, peur d'universitaires ?
Olivier HassidPublié en ligne le 26 mai 2009
Résumé
L'essor et le perfectionnement des technologies de l'information et de la communication ces dernières décennies offrent aux sociétés modernes des possibilités très ambivalentes. Ces technologies ont ainsi donné aux individus des capacités inégalées de communiquer et d'entrer en relation, ce presque instantanément ; mais, à l'inverse, elles procurent aussi une capacité de contrôle sans précédent à ceux (pouvoirs publics ou autres) qui souhaiteraient les exploiter en ce sens. Dès lors, existe un débat récurrent, en France par exemple, entre ceux qui estiment que l'on se dirige vers un excès de contrôle et de surveillance, à l'image du Big Brother décrit par George Orwell dans son roman 1984, et ceux qui voient dans l'accroissement de ces capacités de contrôle une opportunité de garantir un surcroît de sécurité aux individus. Qu'en est-il effectivement : court-on un risque de surveillance généralisée au détriment des libertés individuelles et dans quelle mesure ? Selon Olivier Hassid, les cris d'alarme des « anti-Big Brother » sont, pour l'heure, très exagérés en France. D'une part, si les violences ont effectivement beaucoup augmenté ces dernières décennies, elles n'ont pas pour autant engendré un développement dans les mêmes proportions des moyens de contrôle et de surveillance. D'autre part, les technologies de surveillance existantes sont loin de permettre un contrôle généralisé des faits et gestes de tous (moyens de traitement insuffisants, données noyées dans le flot d'informations, complexité…). Enfin, la société elle-même ne semble pas en demande d'un tel renforcement de sécurité, qu'elle soit publique ou privée, le lien social semblant à cet égard encore suffisant pour la rassurer.
Abstract - Society under Surveillance, an Academic Fear?
The rise and ever greater sophistication of information and communications technologies in recent decades offers modern societies some very ambivalent possibilities. These technologies have, for example, provided individuals with unrivalled capacities to contact and communicate with each other - and to do so almost instantaneously. On the other hand, they also afford unprecedented powers of oversight to those (public authorities or other powerful bodies) who would like to use them for that purpose. There is, as a result, a recurrent debate in France between those who take the view that we are moving towards an excess of surveillance and control in the style of the “Big Brother” of Orwell's novel 1984 and those who see these surveillance capacities as an opportunity for enhancing individual security. Which of these is really the case? Are we running a risk of generalized surveillance to the detriment of individual freedom? And if so, to what extent? In Olivier Hassid's view, the cries of alarm from the “anti-Big Brother brigade” in France are, for the moment, highly exaggerated. Though there has been a major increase in violence in recent decades, this has not produced a development of corresponding proportions in the instruments of surveillance and control. Moreover, the existing surveillance technologies are far from capable of generalized surveillance of everyone's actions (on account of insufficient processing power, the “drowning” of data in the flood of information, and general complexity). Lastly, society itself does not seem to be calling for such an intensification of security, either public or private, since social relations still seem sufficiently robust to provide reassurance.
Mots clés : Technologie de l'information
© futuribles Sarl 2009


BibSonomy
CiteUlike
Connotea
Del.icio.us
Digg
Facebook