Copenhague : mélancolie de la lucidité
Copenhagen: The Melancholia of Lucidity
Bettina Laville
Les Ateliers de la Terre organisaient du 26 au 28 novembre 2009 à Deauville, sous la houlette d'Éric Bazin et de George J. Gendelman, une conférence sur le thème « construire un nouvel équilibre », où furent ardemment débattues les raisons de craindre et d'espérer vis-à-vis du sommet de Copenhague. Bettina Laville, impliquée depuis longtemps dans les négociations internationales sur l'environnement et le climat, revient sur ce sommet qu'elle décrypte à la lumière des débats qui se sont tenus à Deauville, et reprenant les termes de Brice Lalonde, ambassadeur français chargé des négociations climatiques, elle montre les résultats tangibles obtenus à Copenhague. Mais elle souligne également, outre les difficultés toujours rencontrées par ces sommets, combien le monde a changé depuis la conférence de Rio de 1992 et combien les groupes de pays qui structurent les négociations internationales sont désormais différents. Ainsi, l'auteur souligne-t-elle combien nous avons assisté, lors du Sommet de Copenhague, à « une démonstration de pouvoir et de force des puissances nouvelles » animées, en outre, par des préoccupations antagonistes, notamment entre « la volonté de considérer les changements climatiques comme la priorité des priorités et celle de promouvoir la croissance économique ». Loin de se dissoudre dans la mondialisation, ces groupes de pays, héritiers de civilisations différentes, se trouvent engagés dans de nouvelles oppositions notamment avec l'Occident. En conséquence, conclut Bettina Laville, les termes et formes de la négociation ont radicalement changé et, entre « le catastrophisme et l'activisme », de nouvelles voies sont à explorer pour mettre en œuvre une stratégie concertée en faveur d'un avenir désirable. Elle en esquisse ici quelques-unes qui sont essentielles.
Abstract
From 26 to 28 November 2009, the Ateliers de la Terre organized a conference at Deauville on the theme of “Building a New Equilibrium”, at which the grounds for fear and hope with regard to the Copenhagen Summit were passionately debated. Bettina Laville, who has been involved for many years in international negotiations on climate and the environment, goes back over that summit, interpreting it in the light of the debates held at Deauville. Echoing the arguments of Brice Lalonde, the French ambassador with responsibility for climate negotiations, she shows the tangible results obtained at Copenhagen. But, apart from the difficulties always encountered by these summits, she also stresses how much the world has changed since the Rio conference of 1992 and how different are the groups of countries that now structure international negotiations. She stresses, for example, the extent to which we saw at the Copenhagen Summit “a demonstration of power and strength on the part of the new powers,” driven, moreover, by antagonistic concerns, particularly between “the resolve to regard climate change as the number one priority and the desire to promote economic growth.” Far from dissolving into globalization, these groups of countries, rooted in different civilizations, find themselves caught up in new oppositions — particularly with the West. Consequently, concludes Bettina Laville, the terms and forms of the negotiations have changed radically and new avenues need to be explored between “catastrophism and activism”, in order to implement a concerted strategy for a desirable future. She outlines some of these key avenues here.
Mots clés : Coopération internationale / Environnement. Ressources naturelles
© futuribles Sarl, 2010


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